Quand je considère qui tu fus...

By Nirina Mignon

Quand je considère qui tu fus,

Le croyant du témoin aux lèvres mi-lues;

À Philomèle, sa conversation nouée fut ton emprunt.

Palpitant pour soi, ton coeur fut celui du muscadin:

Ses corolles furent enceintes de lourds souhaits,

Sous la voûte de soucis est-il soustrait.

Sa témérité s’allie à l’excès lorsque la pudeur se récuse,

Aucune passion a-t-il nié, le peuple l’accuse.

J’atteste, sans doute est-il coupable !

Non de traîtrise, désertion, mais plus exécrable:

À un temp silencieux m’a-t-il emmené,

Aux bornes de sa jouvence abrégé m’a-t-il consigné.

Ainsi, suspendu par l’acharnement poli, vint sa défense:

«À la dague de Lucrèce je m’élance.

Que ma plainte vous éprenne, discernez-vous ma cause;

Cette incessante solitude qui accabla mes joues pluviôses.»